La liberté est audacieuse

Le détenu est sur le point de sortir dans la cour, il suffit d’attendre l’ordre officiel. Cinq ans de prison à sécurité maximale. Sa silhouette a été transformée au fil des ans, sa marche est arythmique, va jusqu’à un certain point, maladroite. Les reflets ont été étouffés par le vent du temps. Le regard et le sourire, ils apportent l’apparence d’une grimace macabre, peut-être simienne. La route empruntée en prison va en profondeur, elle enlève tout air d’humanité. Une caméra de gangster surveille ses pas et très peu de joie. Le soleil semble s’allier à l’environnement. Il tombe sur le dos brun du détenu. Il tousse sèchement en secouant le reste de son dos. Il se promène dans la cour avec son personnage démuni, vêtu d’une tenue de mendiant et d’une coupe de cheveux maniaque.

La réalité l’a oublié. La vie ne sait pas que le détenu existe. Vivez-vous dans la prison? C’est un légume, avec des pieds de plomb, un air idiot et un sourire stupide. Le psychologue dira: le programme de réinsertion sociale fonctionne, c’est un succès. Le centre d’extermination post-nazi est bienveillant, positif et crucial pour la réadaptation sociale. Pauvre homme, pauvre détenu. De retour du patio et après s’être baignés, les gardes l’ont sorti de sa cellule et se dirigent maintenant vers la salle à manger;une folle envie l’enlève. Mais regardez seulement le temps passer; à peine et perçoit son odeur absente. Demain, ce sera tout jour de cette vie de salope qui n’est pas la vie.

Le stagiaire est une expérience sociale. C’est un sujet-objet pour faire des affaires. Travaillez avec votre nourriture, vos vêtements, votre santé, votre procédure judiciaire, vos viandes manquant de chaleur humaine, noyées dans l’oppression et l’isolement glacial en bleu. Elle sourit avec son sourire artificiel au plateau de nourriture; il marche courbé, comme s’il craignait de détruire son contenu, comme si ses mains brûlaient de la nourriture froide. La lave comme automate du plateau, va et le dépose à la place assignée professer et attend l’ordre de retourner à sa cellule froide et solitaire. Cell, la maison depuis tant d’années, le stagiaire ne sait pas comment il s’est passé. Le temps passait et passait. Il est parti pour ne pas revenir. Au fil du temps, la famille a fait de même. la femme et les enfants passent, ils étaient au début et ils partent de leur vie petit à petit, pour un jour et pour ne jamais revenir. Beaucoup de lettres au début, peu de lettres après et aujourd’hui; pas de lettre Pour quoi? Quel est le point?

Le détenu s’est habitué à respirer les émanations irrespirables de l’injustice, de la tristesse et de l’oubli. Et exhaler la médiocrité, le costumbrismo, la froideur et l’absence de joies. Il arrive dans sa cellule, il s’installe dans n’importe quel coin, tel un objet guiñapo, semi-inerte, jetant son regard intangible à un endroit quelconque. Le mur est un amalgame infini, un univers sans limite; une pléiade de constellations, de pointes blanchâtres, unies par une substance pittoresque. Le détenu est un Quichotte, un rêveur qui ne rêve de rien, sans substance. Il est un Quichotte sans son Sancho Panza. Parce que son Sancho Panza, il y a des années, était libre. Priez la nuit et à l’aube. C’est la prière du prisonnier. Vide, sans contenu, pleine de monosyllabes et inondée de prières, la prière désordonnée va, comme le miroir des eaux mouvantes, des sables chauds.Matière qui brûle les mains. Mais surtout la mémoire; la dignité, la hauteur et la fierté.

Quand un tel matin apparaît, le vent chantera la cumbia d’hier pour annoncer ses adieux. Le stagiaire attendra avec impatience, se mordant les ongles et les lèvres; les 24 heures les plus longues de votre vie. Et donc; atteindre demain. Un matin qui s’appelle la liberté. Libre d’aller et de faire le tour du monde. Libre de rêver, d’aimer, de désirer. Il sera libre d’avoir faim. Redevenir un homme. Être un être humain. Maintenant c’est juste un rêve dans son cauchemar; il est toujours en prison…

Et pourtant, le temps a passé. Et aujourd’hui, ce paria n’importe qui, né dans n’importe quelle ville. A quoi la lutte sociale est venue se placer à la place qui est maintenant. Il s’est éloigné du silence, du même coucher de soleil; vers le moment et la situation, où le mot est entendu. Il a retrouvé sa liberté, grâce à ce que le mouvement social représente et le CNTE lui-même, en tant qu’un des instruments prolétariens qui militent pour un changement démocratique. Le montage brut ne pouvait gagner la bataille de l’amour, de l’obstination, de la poésie, de la protestation organisée et de l’indignation des enseignants. Il y a des moments cruciaux pour le mouvement. Et il ne veut rien manquer au monde, des moments aussi inoubliables.

Ce texte a été publié en espagnol le 13 janvier 2019 dans le journal La jornada par Leonel Manzano, poète, leader social et ancien prisonnier politique.

Référence: Libertad es osadía.

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